La légende du Voirloup de Maraye-en-Othe - Randonnée du 13/06/2026

Résumé de la sortie

Le samedi 13 juin 2026, une trentaine de participants s'est rejoint à Maraye-en-Othe pour découvrir l'histoire d'un des êtres les plus célèbres du Pays d'Othe : le Voirloup.

Dans cette activité, les participants ont réalisé une petite marche de 6 km, tout en étant bercé par l'histoire de la légende du Voirloup.

L'activité s'est terminé avec un pot convivial dans le jardin du Président.

La légende du Voirloup

La nuit du 14 octobre 1842 avait englouti la forêt d'Othe sous un lourd manteau de brume. 

A Maraye-en-Othe, le silence n'était troublé que par le craquement des vieilles poutres du presbytère. Le père Vivien venait s'assoupir quand trois coups violents ébranlèrent sa porte.

Sur le seuil, un homme du hameau de La Perrière, trempé de sueur malgré le froid, haletait :  C'est le vieux bourrelier, Monsieur le Curé... Il passe. Mais il hurle, il refuse de mourir tant qu'il n'aura pas confessé son secret. Dépêchez-vous, le Malin rôde autour de sa couche. Le père Vivien n'hésita pas. Il saisit l'étole, le ciboire contenant les saintes hosties, et sa fiole d'eau bénite. Pour le guider sur les sentiers escarpés, il réveilla le jeune Jean, son enfant de chœur, un garçon de douze ans qui portait la lanterne.

L'entrée dans le bois de Vire-Loup

Pour rejoindre La Perrière au plus vite, il fallait couper par le bois de Vire-Loup. A peine eurent-ils dépassé les dernières maisons du village que l'atmosphère changera. La brume se fit plus dense, étouffant le son de leurs pas sur l'humus.

​— Mon père, murmura Jean en serrant le bras du prêtre, j'ai entendu un bruit. Comme un souffle.

— Ce n'est que le vent dans les chênes, mon enfant. Avance.

​Mais le prêtre savait mentir. Ce qu'il entendait, ce n'était pas le vent. C'était le frottement de corps massifs contre les ronces, et le claquement sec de mâchoires. À Maraye, les rumeurs couraient sur les Voirloups : ces hommes du pays qui, le soir venu, s'enduisaient d'un onguent maudit pour prendre la forme de bêtes féroces, poussés par la haine ou la luxure. Jusqu'ici, Vivien n'y voyait que des superstitions de paysans. Plus maintenant.

​Le cercle des yeux jaunes

​Au milieu du bois, la lanterne de Jean vacilla. Une odeur de soufre et de bête fauve satura l'air.

​Soudain, le garçon laissa échapper un cri de terreur. Dans les fourrés, deux lueurs jaunes s'allumèrent. Puis deux autres. Et encore deux autres. Une silhouette immense émergea de la brume. Ce n'était pas un loup ordinaire. La créature se tenait presque debout, ses pattes avant se terminant par des griffes crochues aux allures de doigts humains. Ses yeux brillaient d'une intelligence pure et malveillante.

​D'un coup, le Voirloup alpha poussa un hurlement qui fit trembler les feuilles. La meute chargea.

​Jean tomba à genoux, protégeant sa tête. Le père Vivien, le cœur battant à tout rompre, fit rempart de son corps. Il plongea la main dans sa soutane, en sortit la bouteille de verre et, d'un geste large, projeta l'eau bénite vers la première bête qui bondissait, gueule grande ouverte.

​Un grésillement effroyable retentit, suivi d'un gémissement presque humain. La bête recula, la peau brûlée comme par de l'acide.

​— In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti ! tonna le prêtre, la voix ferme malgré la terreur.

​Il brandit le crucifix d'argent. À cette vue, les autres créatures s'arrêtèrent net, grognant, piétinant le sol de leurs sabots et de leurs griffes, tiraillées entre la faim et une force divine qui les repoussait.

La révélation de l'aube

​Profitant de leur hésitation, Vivien empoigna Jean par l'épaule et le força à courir. Ils débouchèrent du bois, à bout de souffle, juste au moment où les premières lueurs de l'aube pointaient derrière les collines de Bercenay. Derrière eux, les hurlements s'éteignirent avec la nuit.

​Le prêtre poussa la porte de la cabane de La Perrière. Le vieux bourrelier était là, agonisant, les yeux exorbités. En voyant le curé entrer vivant, l'homme laissa échapper un râle de stupeur. Ses draps étaient souillés de terre et de feuilles mortes.

​Vivien s'approcha du lit, écarta la couverture et recula d'un pas, blêmissant. Les mains du vieillard étaient couvertes de griffures fraîches, et sous ses ongles incrustés de sang, coincés dans la chair, se trouvaient des fils de laine noire... la laine exacte de la soutane que le père Vivien portait cette nuit-là.

​Le bourrelier sourit une dernière fois, un sourire cruel, avant de rendre l'âme sans avoir pu obtenir l'absolution. Le secret de Maraye-en-Othe resterait bien gardé, mais le bois, lui, venait de trouver son nom de sang : Vire-Loup.

FIN !

Aujourd'hui, on retrouve une représentation du Voirloup devant la mairie.

Après la visite, les participants, apeurés, ont du se réconforter avec un verre de cidre ou de jus de pomme et de quoi manger.

20 Rue de la Forêt d'Othe, 10160 Maraye-en-Othe

Découvrez-ci dessous un diaporama des photos prises pendant la session !

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